Article paru le 15 janvier 2000
Droit de réponse
Monsieur le rédacteur en chef,
Le reportage de votre correspondante, Mme Valentine Jaquier, concernant la
terrible maladie qui frappe les fillettes de la famille Zollinger a retenu toute
mon attention et a éveillé ma plus vive compassion pour cette famille frappée
par le sort.
Dans le même temps, j'ai été outré d'apprendre combien cette famille doit faire
face à des chicanes administratives, à des silences inadmissibles de l'Assurance
invalidité (AI), à des faux-fuyants et à des arguties sentencieuses émises par
le médecin de l'AI de Fribourg dès qu'il s'agit d'obtenir quelqu'aide ou
participation financière pour soulager les parents confrontés à ce traitement si
coûteux mais indispensable si l'on veut espérer pouvoir sauver ces enfants et
leur conserver au-moins un semblant de qualité de vie.
Si l'on songe aux propos grandiloquents de nos politiciens qui se gargarisent
de solidarité envers toutes les victimes de la terre et veulent soulager les
misères du monde notamment en dotant un Fonds de solidarité helvétique avec les
milliards perçus par la vente de l'or de la Banque nationale (BNS), on se
demande bien pourquoi on ne pourrait pas distraire un dix millième de ces
montants pour venir en aide à une famille suisse frappée par le malheur?...
Ou alors, faut-il être un drogué en mal de désintoxication pour obtenir
l'assistance des services de l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS)
avec en prime la compassion de la Conseillère fédérale R. Dreifuss et des doses
de drogue destinées à une soi-disant désaccoutumance?...
Par ailleurs, ne pourrait-on pas aussi envisager de distraire quelques sous sur
les primes au retour servies aux réfugiés Kosovars et autres pour les inciter à
rejoindre leur pays et verser ainsi une contribution à la famille Zollinger?...
" Charité bien ordonnée commence par soi-même ", dit-on !.. n'en serait-il pas
de même pour la solidarité ? Faut-il vraiment venir du Tiers ou du Quart-Monde
pour oser espérer susciter la compassion des institutions caritatives qui
prospèrent chez nous mais semblent se moquer comme d'une guigne d'aider une
famille suisse dans le malheur!... O tempora o mores!
Dr Charbonney M.
(En réponse à "Perspectives", JdJ du 10 janvier 2000)